RAPPORT DU FORUM DE CAPITALISATION DES EXPÉRIENCES DE FINANCEMENT AGRICOLE ET RURAL AU NORD DU SÉNÉGAL

La banque mondiale comme le FIDA et la FAO estiment que dans les pays à vocation agricole en développement, l’agriculture doit servir de levier pour la croissance économique. Au Sénégal, la baisse tendancielle de la contribution de l’agriculture à la formation du PIB depuis les indépendances ne s’inscrit pas dans cette logique et devrait donc être corrigée. Nous estimons que le financement correct des activités agricoles et rurales est indispensable pour réunir les conditions d’une croissance économique de l’agriculture capable de résorber le problème de l’emploi des jeunes et de produire suffisamment de richesse pour maintenir un niveau de croissance à la fois élevé et durable pour sortir le pays de la pauvreté.

L’observation des différents mécanismes de financement agricole et rural pratiqués au Sénégal laisse penser que jusqu’à maintenant, les conditions ne sont pas encore réunies pour permettre aux acteurs et entrepreneurs ruraux de bénéficier des ressources nécessaires dans des conditions qui garantissent un niveau de production et de productivité satisfaisant.
De manière générale, le financement du secteur agricole et rural au Sénégal bute sur un certain nombre de contraintes dont la levée est indispensable pour assurer un meilleur accès aux services financiers des petits entrepreneurs ruraux.

Au nord du Sénégal et plus spécifiquement dans la vallée du fleuve Sénégal qui regorge des potentiels agricoles les plus importants du pays, plusieurs expériences de financement de l’agriculture et des activités en milieu rural ont été développées sans succès. La plupart des expériences passées ou en cours bute sur les points suivants:
– L’inaccessibilité de la plupart des petits producteurs aux services financiers ;
– La cherté du coût des services financiers ;
– La faible sophistication ainsi que la faible qualité de l’offre de produits et de services financiers;
– La détérioration de la santé financière des institutions financières ;
– Le surendettement des agriculteurs et des pasteurs;

C’est conscient de cela que la Direction de la Micro Finance – DMF de la république du Sénégal en partenariat avec les plateformes paysannes de la région de Saint louis regroupées autour de la PINORD a envisagé d’organiser à Saint Louis à l’hotel « Keur DADA » un forum régional sur le thème «Définition d’une politique nationale de financement agricole et rural : Quels enseignements tirés des expériences passées ou en cours dans le Nord du Sénégal ? » les 4, 5 et 6 décembre 2013.

• Pour l’état du Sénégal le thème s’inscrit dans la recherche d’alternatives crédibles pour assurer le financement durable des activités agricoles et rurales comme levier de la croissance économique ;
• Pour les bailleurs de fonds et les partenaires au développement, la mise en place d’un système de financement agricole et rural durable s’inscrit dans la dynamique de recherche des conditions de pérennisation de business modèle performants de l’industrie du développement ;
• Le thème revêt une importance particulière pour le secteur de la micro finance et pour le secteur bancaire car sans nul doute l’agriculture et le monde rural de façon général constituent un gisement inexploité d’opportunités de financement et d’affaires lorsque les conditions d’intervention garantiront une réduction des risques à des proportions raisonnables ;
• Pour les producteurs et leur organisation, la mise en place d’un système de financement agricole et rural durable et inclusive constitue un levier important d’insertion économique et social et le socle d’un épanouissement individuel et collectif;

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